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 "De Reims à Diogountouro"

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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 18:18

Au moins une fois par semaine, je fais une réunion avec les femmes de la coopérative, une quinzaine de femmes, généralement les plus âgées - donc les plus sages – se réunissent chez la présidente de la coopérative, Tigidé Gandega.

Au début j’arrivais à peu près à l’heure, mais je me suis fait avoir plusieurs fois à devoir attendre presque 1 heure que les femmes arrivent, le rendez-vous africain comme ils disent. Maintenant j’arrive toujours un peu en retard mais j’ai remarqué qu’elles arrivent presque à l’heure, chacun a fait un pas vers l’autre, en avant ou en arrière sur le cadran horaire.

Toutes sont assises par terre, sur une natte (elles sont capables de tenir des heures comme ça) et insistent toujours pour que je prenne la chaise, j’ai donc un peu l’impression de trôner au milieu d’elles, sensation (un peu gênante au début) renforcée par le fait que je suis souvent le seul homme présent.

Les premières minutes de la réunion sont assez cacophoniques, toutes parlent en même temps, rient, moi je ne comprends pas grand-chose mais c’est pittoresque. Ensuite elles me donnent la parole, Soso, la seule membre alphabétisée et parlant français traduit (car mon soninké est encore laborieux). Les femmes acquiescent par des claquements de langue, des « walaï » ou des « mmh mmh ». Lorsqu’une femme prend la parole, c’est avec un air très solennel, le discours est rythmé, accompagné de geste, l’index levé, les yeux grands ouverts, ici l’oralité est un art, le ton monocorde est banni.

Les femmes de la coopérative sont très motivées malgré les difficultés climatiques, financières, et organisationnelles qu’elles rencontrent, le moindre soutien qu’elles reçoivent est donc accueilli par une avalanche de bénédictions - « que Dieu t’apporte le bonheur », « que tu connaisses à jamais la paix » et j’en passe - auxquelles il faut répondre « amina » (amen) en se touchant la tête, c’est un réflexe qu’on attrape vite.

De temps en temps on fait une réunion dans le périmètre de la coopérative, sous le palmier, et dans ces cas là la traductrice n’est pas là, il faut donc faire avec les moyens du bord, j’essaie de composer des phrases approximatives avec mes rudiments de soninké, et les femmes déploient leurs talents de mime. Pour s’assurer que j’ai compris elles me disent « an ti iyo » (tu dis oui), un oui dont, je l’avoue, j’abuse parfois pour me débarrasser d’une explication par mime qui me dépasse.

Par Clem et Julie - Publié dans : sur le terrain
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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 13:58

Les dumus
Vidéo envoyée par clement_julie
Par Clem et Julie - Publié dans : Des images et du son
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 12:53

Quelques jours avant que Julie ne parte, les tam-tams ont résonné 2 jours de suite dans le village, non pour célébrer son départ -bien qu'elle le méritait- mais pour fêter un mariage. La veille on dansait et jouait pour l’homme, ce soir là c’était pour la mariée, il n’y avait donc quasiment que des femmes et des enfants. Vers 18 heures les gens se sont rassemblés sur une des places du village, un grand cercle s'est formé, chacun a amené sa chaise, les enfants se sont assis par terre.

Les tam-tams sont joués par une famille de griots, un caméraman est venu pour immortaliser le moment.

 

Au début quelques enfants viennent danser, 2 par 2 devant les tam-tams, puis les femmes proches de la mariée font une sorte de tour d’honneur. On danse face aux dumus (tam-tams), au début le rythme est lent (enfin tout est relatif) est d’un coup tout s’accélère et les femmes entrent dans une danse rapide et saccadée. Chacune son tour danse pendant quelques secondes, quelques minutes pour honorer les mariés, on s’arrête rarement de danser soi-même, quelqu’un vient pour interrompre la danse et on sort de scène en courant de manière déséquilibrée en en riant. Il parait qu’avant, une amende était prévue pour les amis qui refusaient de danser. Un  homme est chargé d’éloigner à coup de bâtons les enfants qui cherchent à envahir la piste. Tout le monde donne beaucoup d’argent aux griots et à la famille de la mariée.

La nuit tombe, on installe un projecteur sur un groupe électrogène pour que le caméraman puisse filmer. La place est maintenant pleine de rires et de vie, l’ambiance est bonne enfant et un peu survoltée, on frappe dans ses mains on crie, les pieds battant le sol soulèvent peu à peu un nuage de poussière, bienvenu au « mariage poussière ».

 

 

 

 

Par Clem et Julie - Publié dans : La vie soninkée
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